• Cécile

Shiatsu, la voie du coeur

Par une série de pressions rythmées sur l’ensemble du corps, le praticien en shiatsu aide celui qui le reçoit à libérer son énergie. Des gestes essentiels pour se maintenir en bonne santé et répondre aux maux d’aujourd’hui… stress et mal de do.

Le shiatsu, pratiqué depuis des millénaires au Japon dans le cercle familial, se présente comme une technique facile d’accès : sans onguent, sans huile, sans aiguilles, n’importe où, sur une natte, sur une chaise, dedans, dehors, le praticien de shiatsu arrive avec ses mains, et c’est tout ! Ses doigts « appuient » sur les « tsubos », ces points énergétiques situés le long des méridiens, selon un rythme particulier. (C’est d’ailleurs le sens de « shiatsu » : en japonais, shi-doigt/atsu-pression). L’efficacité du shiatsu est quasi immédiate. Déjà au bout de 15 minutes, le corps entier entre en vibration: toutes les sphères (émotionnelle, mentale, spirituelle) se mettent à vibrer à l’unisson et une paix profonde s’installe… Retour vers le centre Le shiatsu permet de « rentrer à la maison ». Comme l’évoque cette métaphore fréquemment utilisée, c’est un recentrage corporel qui s’opère, clé du bien-être et de la santé ! Aujourd’hui, l’homme est constamment extirpé de lui-même : il ne sait souvent plus où est son centre. Au niveau émotionnel ou psychologique, il est en permanence plus ou moins déporté par des stimuli extérieurs qui le contraignent et le font souffrir. Le vieux sage taoïste nous dit : Qui est au centre de lui-même est au coeur de l’univers et tout l’univers tourne autour de lui. Le sentiment de paix qui en découle est accessible à tous. Cette paix est inconditionnelle, ne dépendant pas des circonstances extérieures, comme avoir une belle maison, une bonne situation, une vie sentimentale réussie, une bonne santé, etc. Au cours de la séance, le praticien en shiatsu réalise un tour complet du corps et choisit, parmi quelque 400 « tsubos » Ce sont les points d’acupuncture de la médecine chinoise, situés sur les douze méridiens parcourant l’organisme, auxquels s’ajoutent huit « merveilleux vaisseaux » –, ceux qui lui semblent les plus appropriés à la condition de son patient.

  • Le dos

Un shiatsu commence souvent par le dos. Cette zone « intérieur-extérieur » est particulièrement importante dans la médecine chinoise. Le dos présente une cartographie très fine de différents points d’acupuncture reliés à tous les organes du corps, allant des poumons, tout en haut, à la vessie, tout en bas. Ainsi, lorsque l’on touche le dos, on atteint l’intérieur du corps, et donc les organes ! Sans compter que le dos contient la colonne vertébrale, la moelle épinière et tout le système nerveux et qu’il est souvent très tendu, car nous sommes trop souvent assis (et mal !) et ne marchons pas suffisamment. Nuque, épaules, dorsales, lombaires : notre rachis souffre ! Mais travailler le dos seul ne suffit pas : les tensions risquent alors de tourner en rond, sans avoir la possibilité de sortir. Il est essentiel de libérer le dos, et donc de cheminer le long des jambes en direction des pieds. Car c’est là que se trouve la porte de sortie des tensions du dos !

  • La tête

Une séance de shiatsu se termine par la tête, pour finir de « libérer le mental ». Dans la médecine chinoise, le corps humain est vu comme étant inséré dans l’univers : sa tête est « ronde comme le Ciel », et sa voûte crânienne est en permanence en contact avec la voûte céleste. Un point essentiel est situé tout au sommet du crâne, en arrière de la fontanelle : son nom chinois, Bai Hui, signifie « les cent réunions ». Il est en relation avec quelque chose qui est plus grand que nous, le « Ciel », mot derrière lequel chacun met ce qu’il veut. C’est d’ailleurs un endroit sacré dans de nombreuses religions (cette partie du crâne est « protégée » par la mitre de l’évêque, le bonnet tibétain, la kippa, etc.). À la base du crâne, au niveau de l’occiput, se trouvent aussi deux petits creux abritant des points qui doivent toujours être bien « ouverts » : c’est par ces « fenêtres » que descend l’énergie du Ciel ! La personne qui reçoit un shiatsu peut alors ressentir, à la fin d’une séance, ce sentiment de plénitude et de paix intérieure que nous recherchons tous !

  • Les mains

Les mains « appartiennent au Ciel » par le bout de leurs doigts en relation permanente avec lui ! Comme les pieds, elles sont des carrefours yin-yang. Les différents points de la main et de l’avant-bras, situés sur le méridien du coeur ou le méridien Maître coeur, permettent de « libérer la poitrine ». Ils permettent aussi de traiter le mental, car, dans la médecine chinoise, le coeur est le siège de l’Esprit. Le point « Shen Men » (porte de l’Esprit), situé juste au-dessus du poignet externe, dans le pli de flexion, sur le méridien du coeur (c’est son 7e point), permet par exemple de lutter contre le stress, les palpitations cardiaques, les insomnies ou encore l’anxiété. Les mains et l’avant-bras feront particulièrement l’objet d’attention en cas de problèmes psychiques. par Bernard Bouheret